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>>Jean-Paul LEVREL, entraîneur de l’année


publié le 20 avril 2011
Auteur(e) : 

CPB Rennes. Jean-Paul LEVREL (47 ans), entraîneur de l’année souhaite mettre à profit cette distinction pour attirer les regards sur les difficultés auxquelles le Judo doit faire face.

  • Jean-Paul Levrel 47 ans
  • Entraîneur du CPB Rennes.
  • Membre de l’équipe de France pendant 12 ans.

Jean-Paul Levrel, quelle a été votre première réaction en apprenant votre distinction ?

 J’ai d’abord été embêté. C’est une récompense aléatoire. Il y a plein d’entraîneurs de qualité en France. Ce n’est pas le travail d’une seule personne, on n’est qu’un maillon d’une chaîne. Je ne connais pas un athlète qui n’a connu qu’une seule personne pour réussir. J’étais donc gêné car c’est le fruit d’un travail collectif, jugez plutôt [1]. Puis, en y réfléchissant, je me suis dit que la réussite de notre club incarnait parfaitement cette notion : « l’union fait la force » puisque nous avons enchaîné deux titres nationaux par équipe. C’est la réussite d’un groupe et j’ai donc décidé d’aller chercher ce prix pour le partager avec tout le monde. Je me serais senti mal dans mes baskets si je l’avais gardé chez moi. Quand on voit la banane accrochée aux oreilles des jeunes lorsqu’ils gagnent un championnat par équipes, on est heureux. Ils en reparleront encore dans cinquante ans.

La notion de collectif semble très importante au sein de votre discours…

 Pour pas mal de personnes, c’est un sport individuel. Mais nos plus beaux souvenirs sont ceux par équipes. C’est là que l’on peut voir des gens d’un niveau moyen se transcender parce qu’ils sont portés par une équipe de copains. Il n’y a surtout pas de mentalité individualiste en judo. Notre discipline arrive d’ailleurs à s’en sortir car elle est basée sur de véritables valeurs éducatives, dans la lignée de son créateur, qui était un politicien japonais extrêmement engagé dans l’éducation.

Cet aspect éducatif est-il important dans votre travail ?

 Nous sommes des éducateurs avant tout, qui transmettons des valeurs. Malheureusement, nos moyens sont limités. Il faudrait que notre activité s’appelle « socio-sportif » car le socio-culturel, sur le plan de la politique nationale, absorbe les subventions. Le sport est connoté négativement à cause des sommes considérables brassées par le sport professionnel. Du coup, les gens imaginent que c’est pareil dans toutes les disciplines mais le sport amateur est une vraie galère, malgré son utilité. Quand un gamin s’est entraîné une heure et demi, il a moins envie d’aller faire le con après. On lui enseigne des règles de vie. C’est énervant car nous somme de vrais éducateurs, au même titre que les instituteurs. Nous n’avons pas de signaux provenant de plus haut, c’est plutôt « débrouillez-vous ». À force, on s’y habitue et on est même plutôt fier d’obtenir des résultats avec si peu de moyens.

Comment vivez-vous l’exode des meilleurs jeunes vers les clubs parisiens ?

 Je ne l’accepte pas. Je ne peux que le constater mais je suis persuadé que ce n’est pas une fatalité. Mais à un certain moment, il faut une volonté politique importante pour inverser la tendance. Ça ne me plaît pas que les jeunes partent même si c’est normal qu’ils aillent à Paris au vu des moyens financiers des clubs de la capitale. Mais justement, j’inverse la question : que fait-on pour les conserver ? La réponse ne dépend pas de la volonté d’une seule personne ou d’un club mais d’une région et, à l’heure actuelle, les subventions sont en baisse. Il faut qu’on se sente appuyé, d’autant que nous organisons toujours plus de compétitions, avec les coûts que cela engendre. Nous allons attaquer la recherche de partenaires privés la semaine prochaine, ce qui n’est pas notre fort. Le judo ne sait pas se vendre, bien qu’il soit le quatrième sport en France, avec 600 000 licenciés dans 5 500 clubs. Mais il ne faut pas désespérer et continuer à se battre.

Entraîneur national de l'année ou pas,

[1] Judo Club Bords de Rance, judo club Dinardais, judo club Saint Jouan des Guérêts (Professeurs : Dominique et Jean-Pierre SELLES), judo club Janzéen, judo club du Plessis, judo club de Corps-Nuds judo club Vitréen (Professeurs : Jean-Luc AUBRIOT, Cyrille DINE, David LOSSOUARN, Florent RAMAGE), Judo Club Pays Gallo, judo club Le Rheu, judo club L’Hermitage (Cédric ROUDOT), judo club de Vern sur Seiche, judo club Chartres de Bretagne (Professeurs : Christophe HOUSSU, Julien BOSSOREIL), judo club Liffréen (Professeur : Alan POIRCUITTE), cercle Jules Ferry Saint Malo (professeur : Véronique SENDRA), judo club Plouër su Rance (Professeur : Mickaël JAOUEN), judo club Pacéen (Professeur : Romain MENARD), judo club de Châteaugiron (Professeur : Antoine LEVREL), Cercle Paul Bert de rennes (Professeurs : Jean-Claude LEPRETRE, Jean-Paul LEVREL) + les entraîneurs du pôle espoirs de Rennes : Serge DECOSTERD (figure historique du Pôle de Rennes actuellement Directeur de l’INEF), Laurent COMMANAY, Jean-Pierre DECOSTERD (actuellement responsable des masculins au Pôle France d’Orléans et entraîneur à Rennes durant les deux dernières années), Laurent BOSCH, Franck ROBERT, Justin GUILLEMIN, le CD 35 (représenté par son Président : Jérôme LIOT), la ligue de Bretagne de JUDO (représentée par son Président : Yvon CLEGUER), + les élus des différents clubs.


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